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Sony Xperia 1 VII : le seul flagship anti-tendance à acheter ?

Sony persiste avec sa philosophie unique en 2025 (jack 3.5mm, microSD, format 21:9, focus photo) alors que tous les concurrents convergent vers le même moule. Analyse de cette stratégie à contre-courant : courage ou folie ? Comparaison avec les flagships mainstream (S25 Ultra, iPhone 17 Pro) pour déterminer si ces choix radicaux ont encore du sens en 2026.

En 2026, la plupart des smartphones haut de gamme se ressemblent comme deux gouttes d'eau : écrans immenses, recharge ultra-rapide, IA à tous les étages, et surtout... plus aucune prise jack ni slot microSD. Pourtant, au milieu de cette uniformisation générale, Sony persiste et signe avec son Xperia 1 VII. Lancé en juin 2025 à un tarif premium de 1 399 livres sterling (environ 1 650€), ce flagship japonais assume une philosophie radicalement différente. Prise jack 3,5 mm, slot microSD, format 21:9 ultra-allongé, capteurs photo dédiés... Sony fait le pari de l'originalité. Mais à l'heure où le Galaxy S25 Ultra affiche un score de 8.8/10 dans notre classement pour seulement 749€, et où l'iPhone 17 Pro Max culmine à 9.0/10 pour 1169€, cette stratégie à contre-courant a-t-elle encore du sens ? Peut-on vraiment justifier un tel prix pour des fonctionnalités que la majorité du marché a abandonnées ? Enquête sur le dernier des Mohicans des flagships.

Le dernier rempart des fonctionnalités "old school"

Commençons par ce qui rend le Sony Xperia 1 VII unique : c'est littéralement le seul smartphone premium de 2026 à proposer simultanément une prise jack 3,5 mm et un slot microSD. Comme le souligne PCMag dans son guide des téléphones avec jack, cette fonctionnalité a quasiment disparu du segment haut de gamme. Sony fait figure d'exception absolue.

Et contrairement à ce qu'on pourrait penser, ces choix ne sont pas anodins. La prise jack permet d'utiliser des écouteurs filaires sans adaptateur, sans latence, et surtout sans se soucier de la batterie. Pour les audiophiles qui possèdent des écouteurs de qualité, c'est un argument de poids. Le slot microSD, quant à lui, permet d'étendre le stockage à moindre coût – un argument économique non négligeable quand on voit les prix exorbitants des versions 512 Go ou 1 To chez la concurrence.

Selon TechAdvisor, le Xperia 1 VII conserve également des haut-parleurs frontaux stéréo et un bouton déclencheur physique à deux niveaux, comme sur un véritable appareil photo. Ce dernier permet de faire la mise au point à mi-course et de déclencher en appuyant complètement – une expérience que les photographes apprécieront. Sony cultive donc une identité forte, celle d'un smartphone pensé pour les créatifs et les puristes.

Un format 21:9 qui divise toujours autant

L'autre signature de Sony, c'est ce format d'écran 21:9 ultra-allongé. Sur le Xperia 1 VII, on retrouve une dalle OLED LTPO de 6,5 pouces en définition Full HD+ (1080 x 2340 pixels) avec un taux de rafraîchissement de 120 Hz, selon les spécifications détaillées par Afkar Tech. Ce format cinémascope offre une immersion parfaite pour regarder des films sans bandes noires, et rend le multitâche en écran partagé particulièrement confortable.

Mais dans les faits, ce choix a aussi ses inconvénients. Le téléphone devient très allongé (162 x 74 x 8,2 mm), ce qui peut le rendre difficile à manipuler d'une seule main. Et surtout, la définition Full HD+ sur 6,5 pouces reste en retrait face aux écrans QHD+ de la concurrence. À titre de comparaison, le Galaxy S25 Ultra obtient un score écran de 9.8/10 dans notre classement, tandis que le Xiaomi 15 Ultra atteint 9.7/10. Sony fait clairement un choix différent, privilégiant l'autonomie à la densité de pixels.

Des performances de pointe... qui chauffent

Sous le capot, le Xperia 1 VII embarque ce qui était, à son lancement, le dernier cri : le Snapdragon 8 Elite de Qualcomm, épaulé par 12 Go de RAM. D'après les benchmarks réalisés par NextPit, le smartphone affiche des scores AnTuTu impressionnants (1 659 498 points) et se montre capable de faire tourner tous les jeux récents du Play Store.

Cependant, tout n'est pas rose. Les tests de stress Wild Life Extreme révèlent une stabilité de seulement 57,4%, avec des scores qui chutent de 5998 à 3443 points lors d'une utilisation prolongée. En clair : le téléphone chauffe, et ses performances baissent significativement sous forte charge. C'est un point faible notable quand on compare avec le Galaxy S25 Ultra, qui obtient un score performances de 9.5/10 dans notre classement, ou surtout l'iPhone 17 Pro Max qui culmine à 9.8/10 avec une gestion thermique exemplaire.

La photo : un positionnement ambigu

C'est peut-être le point le plus controversé du Xperia 1 VII : sa photo. Sony équipe son flagship d'un triple capteur : un principal de 48 MP (f/1.9), un ultra grand-angle de 48 MP (f/2.0) nouvellement amélioré par rapport à la génération précédente, et un téléobjectif périscopique de 12 MP offrant un zoom continu de 3,5x à 7,1x.

Sur le papier, c'est solide. Mais comme le note TechAdvisor, "le traitement d'image de Sony ne suit tout simplement pas la concurrence". Les photos manquent du punch et de la netteté immédiate qu'on obtient avec un Galaxy S25 Ultra (9.0/10 en photo dans notre classement) ou un iPhone 17 Pro Max (9.1/10). Et surtout, elles nécessitent souvent un post-traitement sous Lightroom pour révéler leur plein potentiel.

Selon le guide photo de Frandroid, le Pixel 10 Pro (9/10) s'impose comme la référence Android en 2026 grâce à "l'excellence des algorithmes de Google", tandis que l'iPhone 17 Pro excelle en vidéo 4K à 120 i/s. Face à cette concurrence féroce, Sony adopte une approche différente : des outils professionnels (mode RAW, contrôles manuels poussés, profils colorimétriques) mais un traitement automatique moins flatté. Une philosophie qui plaira aux puristes, mais qui laissera les autres sur leur faim.

Une autonomie correcte, mais une recharge à la traîne

Avec sa batterie de 5 000 mAh, le Xperia 1 VII s'en sort honorablement en autonomie. Les tests de NextPit montrent qu'il tient plus de deux jours en usage léger à modéré, avec un excellent score PCMark de 20h26 – mieux que le Galaxy S25 Ultra (17h06) ou le Pixel 9 Pro XL (15h39). Sony optimise bien son système, et le format Full HD+ de l'écran y contribue certainement.

En revanche, c'est la recharge qui fait grincer des dents. Avec une charge filaire plafonnée à 30W et une charge sans fil à 15W, Sony fait figure de parent pauvre en 2026. Il faut compter environ 80 minutes pour une charge complète, et 30 minutes pour atteindre seulement 54%. À titre de comparaison, le Xiaomi 15 Ultra avec sa charge 120W atteint 74% en 30 minutes et une charge complète en 55 minutes. Quant à l'iPhone 17 Pro Max, malgré une charge plus modeste, il obtient un score batterie de 9.0/10 dans notre classement grâce à une autonomie globale exceptionnelle.

Dernier détail qui fâche : Sony ne fournit ni chargeur, ni même câble USB dans la boîte. À 1 650€, c'est pour le moins surprenant, même si l'argument écologique peut se défendre.

Un prix qui fait mal face à la concurrence

Et c'est là que le bât blesse. Le Sony Xperia 1 VII est commercialisé à environ 1 650€ pour la version 256 Go. C'est plus cher qu'un Galaxy S25 Ultra (749€ dans notre classement avec un score de 8.8/10), nettement au-dessus d'un Xiaomi 15 Ultra (769€, score de 8.9/10 et excellence photo avec 9.3/10), et même supérieur à l'iPhone 17 Pro Max (1169€, score global de 9.0/10).

Certes, Sony offre des fonctionnalités uniques. Mais peut-on vraiment justifier un tel surcoût pour une prise jack et un slot microSD ? D'autant que, comme le souligne Afkar Tech dans son test, le Xperia 1 VII "coûte plus cher que le Samsung Galaxy S25 Ultra, qui est un téléphone plus dynamique".

Le positionnement tarifaire de Sony semble décalé. Le constructeur vise clairement une niche de passionnés prêts à payer plus pour une expérience différente. Mais face à des concurrents qui excellent dans presque tous les domaines pour moins cher, l'équation devient difficile à défendre.

Alors, courage ou folie ?

La stratégie de Sony avec le Xperia 1 VII relève à la fois du courage et de l'entêtement. Courage, car il faut oser proposer quelque chose de différent dans un marché uniformisé. Le jack 3,5 mm, le slot microSD, les contrôles photo avancés : tout cela constitue une vraie identité. Et pour une certaine catégorie d'utilisateurs – audiophiles, photographes exigeants, amateurs de contenus cinéma – ce smartphone a du sens.

Mais entêtement aussi, car Sony refuse de corriger certains défauts évidents. La recharge lente, le traitement photo perfectible en mode automatique, la gestion thermique limite, et surtout ce prix exorbitant face à une concurrence affûtée... Tout cela rend le Xperia 1 VII difficile à recommander au grand public.

En 2026, ce flagship japonais ressemble à un manifeste : celui d'une marque qui refuse de suivre les tendances et assume ses choix, quitte à perdre des parts de marché. C'est admirable sur le principe, mais en pratique, la plupart des utilisateurs seront mieux servis par un Galaxy S25 Ultra, un iPhone 17 Pro Max ou un Xiaomi 15 Ultra – tous plus abordables et plus équilibrés.

Le Sony Xperia 1 VII est donc bel et bien le seul flagship anti-tendance de 2026. Faut-il l'acheter pour autant ? Seulement si vous êtes absolument certain d'avoir besoin de ses spécificités uniques. Pour tous les autres, notre classement propose des alternatives plus convaincantes au meilleur rapport qualité-prix.

Sources

Les smartphones de cet article